Comment bien se préparer physiquement pour l’ascension
La préparation physique pour le Mont Kilimandjaro ne consiste pas à devenir un athlète de haut niveau, mais à préparer son corps à l’endurance, à la durée et à l’altitude. Chaque jour sur la montagne, vous marcherez plusieurs heures, parfois lentement, parfois dans le froid, avec un sac à dos, sur des terrains variés. Une bonne préparation permet de réduire la fatigue, d’éviter les blessures et d’augmenter considérablement les chances d’atteindre le sommet.
En tant que guide local, je constate que les personnes les mieux préparées ne sont pas forcément les plus sportives, mais celles qui ont appris à marcher longtemps, régulièrement et calmement.
Développer l’endurance plutôt que la vitesse
L’ascension du Kilimandjaro est un effort long et progressif, bien différent d’une activité sportive basée sur la vitesse ou la performance. Chaque journée sur la montagne demande plusieurs heures de marche consécutives, parfois dans le froid, parfois en altitude, toujours à un rythme contrôlé. Pour cette raison, la préparation physique doit avant tout viser le développement de l’endurance.
S’entraîner à marcher longtemps est essentiel. Les randonnées de plusieurs heures, les marches sur terrain vallonné ou les sorties régulières avec un sac à dos permettent d’habituer le corps à l’effort continu. Ce type d’entraînement prépare les muscles, les articulations et le système cardio-respiratoire à fonctionner sur la durée, jour après jour, exactement comme pendant l’ascension.
Les sports d’endurance comme la marche rapide, le vélo, la natation ou le jogging léger sont également très utiles pour renforcer le cœur et les poumons. Cependant, l’essentiel reste la régularité et la progressivité. Il vaut mieux s’entraîner plusieurs fois par semaine à intensité modérée que de forcer ponctuellement. Sur le Kilimandjaro, ce n’est pas la vitesse qui fait la différence, mais la capacité à maintenir un rythme stable sans s’épuiser.
Habituer le corps aux montées et aux descentes
Le Kilimandjaro n’est pas une montagne plate. Les sentiers alternent montées longues et progressives, mais aussi descentes parfois raides et techniques. Les montées sollicitent fortement le cœur et les poumons, tandis que les descentes mettent à rude épreuve les genoux, les cuisses et les muscles stabilisateurs.
S’entraîner sur des escaliers, des collines ou des chemins en pente permet de renforcer les jambes et d’améliorer l’équilibre. Cela aide également le corps à mieux gérer l’effort lors des changements de rythme et de terrain. Une attention particulière doit être portée à la marche en descente, souvent négligée lors de la préparation, alors qu’elle est responsable de nombreuses douleurs et blessures.
Une bonne préparation aux montées et aux descentes permet de préserver le corps jusqu’au dernier jour du trek, y compris lors de la descente finale après le sommet, souvent la plus éprouvante.
Renforcer le corps pour porter l’effort
Même si les porteurs prennent en charge la majorité du matériel, chaque randonneur porte son sac de journée avec de l’eau, des vêtements et du matériel personnel. Un minimum de renforcement musculaire est donc important pour stabiliser le dos, les épaules, les hanches et les jambes.
Des exercices simples suffisent pour améliorer la posture, l’équilibre et la résistance à la fatigue. Un corps bien renforcé dépense moins d’énergie inutilement, ce qui est particulièrement important en altitude, où l’oxygène est plus rare et la récupération plus lente.
Un bon renforcement musculaire permet aussi de réduire les douleurs lombaires et les tensions dans les épaules, fréquentes chez les personnes insuffisamment préparées.
Apprendre à marcher lentement ("pole pole")
Sur le Kilimandjaro, une règle essentielle s’applique à tous : « pole pole », ce qui signifie marcher lentement. La préparation physique ne concerne pas uniquement le corps, mais aussi l’état d’esprit. Apprendre à ralentir, à contrôler sa respiration et à accepter un rythme lent est fondamental pour réussir l’ascension.
Marcher lentement permet au corps de mieux s’adapter à l’altitude, de stabiliser la respiration et de réduire le risque de mal des montagnes. Les personnes qui marchent trop vite, même si elles sont sportives, sont souvent celles qui rencontrent le plus de difficultés en altitude.
S’entraîner à marcher lentement, sans chercher la performance, prépare le corps et le mental aux réalités de la montagne.
Commencer la préparation au bon moment
Idéalement, la préparation physique pour le Kilimandjaro doit commencer 6 à 8 semaines avant l’ascension. Cette période permet de développer l’endurance progressivement, de renforcer le corps sans le brusquer et de tester son équipement dans des conditions réelles.
Une préparation progressive est toujours plus efficace et plus sûre qu’un entraînement intensif de dernière minute. Elle permet également d’arriver sur la montagne en confiance, avec un corps prêt à affronter l’effort et l’altitude.
Conseil du guide local
« Le Kilimandjaro récompense ceux qui respectent le rythme de la montagne. La régularité, la patience et une bonne préparation physique sont les clés du sommet. »
